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Abolissons la pauvreté


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En ce début de XXIe siècle, 1,2 milliard de personnes vivent dans la pauvreté extrême, la plupart étant des femmes. Plus de 800 millions de gens se couchent chaque soir le ventre creux et 50 000 meurent chaque jour de causes liées à la pauvreté. Pourtant, il n'y a rien là d'inévitable. Nous pouvons abolir la pauvreté. Nous le pouvons si nous avons la volonté d'agir.

La pauvreté est une violation des droits de la personne à grande échelle. En adoptant, la Déclaration du millénaire il y a environ cinq ans, tous les membres des Nations unies se sont engagés à ne rien négliger pour éliminer la pauvreté. Les gouvernements ont convenu alors de viser des objectifs minimaux, soit les Objectifs de développement du millénaire (ODM), dans le but de réduire la pauvreté, la faim, la malnutrition, l'analphabétisme, la discrimination à l'égard des femmes et la dégradation de l'environnement d'ici à 2015.

Mais les choses n'avancent pas assez vite. Au rythme actuel, il sera impossible d'atteindre ces objectifs. Et ce sont les pauvres qui écoperont.

Les tsunamis en Asie ont montré que les Canadiens, notamment le gouvernement du Canada, se sentent interpellés et donnent généreusement lorsque le monde est confronté à des catastrophes humanitaires. Cependant, l'aide à court terme n'est pas suffisante.

Il est temps d'agir concrètement. En 2005, plusieurs pays ont lancé des campagnes visant à éliminer la pauvreté. Si toutes les personnes qui réclament l'élimination de la pauvreté le font en même temps, les décideurs seront obligés d'écouter.

La campagne canadienne, sous le thème Abolissons la pauvreté, demande instamment des changements d'orientation urgents et concrets dans quatre domaines :

l'aide internationale
le commerce
la dette des pays en développement
et la pauvreté des enfants au Canada.


Accroître et optimiser l'aide

L'aide internationale est en fait destinée aux personnes qui vivent dans la pauvreté. Nous devons rester fidèles à cet objectif. Par ailleurs, il ne suffit pas de maintenir, ni même d'augmenter l'aide internationale : il importe aussi de la rendre plus efficace.

Il faut accroître et optimiser l'aide internationale pour éliminer l'extrême pauvreté et la faim, permettre à tous les enfants d'aller à l'école, réduire le taux de mortalité infantile, améliorer la santé maternelle, créer des emplois décents et enrayer la propagation du VIH-sida.

Le Canada peut prendre les mesures suivantes :

  • Atteindre d’ici à 2015 l’objectif de 0,7 p. 100 du revenu national brut (RNB) fixé par l’ONU en établissant un échéancier qui prévoit une hausse de l’aide de 15 p. 100 par année jusqu'à 2015.
  • Adopter une loi faisant de l'élimination de la pauvreté la finalité de l'aide étrangère du Canada conformément à ses obligations en matière de droits de la personne.

Rendre le commerce équitable

Actuellement, le commerce international n'est ni libre ni équitable. Les pays riches ont le droit de subventionner généreusement une poignée d'entreprises agroalimentaires pour l'exportation. Ce privilège encourage la surproduction, anéantit le gagne-pain de millions d'agriculteurs pauvres dans les pays en développement et endommage l'environnement.

Il faut rendre le commerce équitable pour que les pays pauvres puissent protéger leurs petits producteurs agricoles et la culture des denrées essentielles; pour que les gouvernements puissent acheter des médicaments à prix raisonnable et maintenir les services publics; et pour que les règles du commerce favorisent la protection des droits de la personne et de l'environnement au lieu de leur nuire.

Le Canada peut, à l'occasion d'accords de commerce internationaux, préconiser les mesures suivantes :

  • Militer pour l'adoption de règles qui régissent le commerce et l'investissement et qui reconnaissent aux gouvernements et à leurs citoyens le droit de choisir les meilleures solutions pour abolir la pauvreté et protéger l'environnement.
  • Appuyer des mesures qui donnent plus de pouvoir aux agriculteurs sur le marché et qui mettent fin au dumping des produits, pratique nuisant aux moyens de subsistance des collectivités rurales pauvres.

Annuler la dette

En raison des surcharges et des taux d'intérêt élevés, les pays pauvres versent plus d'argent aux pays riches pour rembourser leur dette qu'ils n'en reçoivent au titre de l'aide. Ainsi, entre 1970 et 2002, les pays africains les plus pauvres ont reçu 294 milliards de dollars en prêts et remboursé 298 milliards de dollars en capital et intérêts, mais ils devaient encore plus de 200 milliards de dollars.

Il faut annuler intégralement la dette des pays les plus pauvres pour briser ce cercle vicieux. Lorsque les ƒtats pauvres seront libérés de leur dette, ils pourront consacrer plus d'argent aux besoins vraiment essentiels : la nourriture, l'eau potable, le logement, la santé, l'emploi, l'éducation, l'édification de leur économie.

Le Canada peut prendre les mesures suivantes au sein de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international :

  • Promouvoir l'annulation immédiate et inconditionnelle de la totalité de la dette multilatérale et bilatérale contractée par les pays les plus pauvres.
  • Veiller à ce que cette annulation soit sans conditions, permettant ainsi à aux pays en développement de mettre en Ïuvre leurs propres plans afin d'éliminer la pauvreté.

Éliminer la pauvreté des enfants au Canada

En 1989, la Chambre des communes a adopté à l'unanimité une résolution visant à éliminer la pauvreté des enfants au Canada avant l'an 2000. Au début de 2005, un million d'enfants canadiens, soit près de un sur six, vit encore dans la pauvreté, et le ratio est encore plus élevé chez les Autochtones.

Il faut éliminer la pauvreté des enfants au Canada. Les familles à faible revenu ont besoin de plus d'argent. Pour que les choses changent nous devons faire des investissements substantiels dans le développement social : logements abordables, emplois décents, salaire minimum plus élevé, apprentissage de la petite enfance et services de garde universelles et abordables.

Le Canada peut prendre les mesures suivantes :

  • Porter la prestation fiscale pour enfants (ou prestation équivalente) à 4 900 $ par enfant.
  • Faire participer les collectivités aux prises avec la pauvreté, notamment les autochtones, les femmes, les minorités et les jeunes, à la création et à la mise en Ïuvre d'une stratégie d'élimination nationale de la pauvreté.

Ensemble : Abolissons la pauvreté!

Nous avons besoin de vous : joignez votre voix à celles du monde entier. Ensemble, abolissons la pauvreté. Pour savoir comment appuyer notre campagne, consultez le site www.abolissonslapauvrete.ca.



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